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 De la confiance...

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Hélène

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Localisation : Montréal Parc Lafontaine

MessageSujet: De la confiance...   Sam 6 Aoû - 12:17

De la confiance
La confiance considérée en son appréhension courante

Il est parfaitement possible de confier quelque chose (un objet précieux, un secret important, une mission délicate, sa propre sécurité ou ses propres intérêts...) à une personne, soit parce que l’on pense être aussi certain que possible de connaître ses manières d’être, soit parce que l’on a pris toutes les précautions susceptibles de l’amener à réagir ainsi qu’on l’attend. Mais il n’est pas excessif de dire qu’en cela, autrui est traité au fond comme un phénomène naturel plus ou moins exactement prévisible, et en ce sens plus ou moins « fiable ». Faire confiance à quelqu’un signifie alors : considérer que, compte tenu de ses manières d’être et de ses manifestations dûment constatées et reconstatées, il y a beaucoup de chances pour qu’il se comporte de telle façon plutôt que de telle autre.

L’indétermination à laquelle on a affaire est vue et abordée, dans cette optique, comme quelque chose de déplorable, faisant tache dans le tissu du contrôlable et du maîtrisable, et qui dans l’idéal devrait être nul. La « confiance » n’est alors rien d’autre qu’un pari plus ou moins risqué, qui n’intervient que comme un pis-aller, voire un aveu d’échec et de dépendance : elle commencerait seulement là où la certitude s’arrête, tout son sens étant de combler tant bien que mal les interstices laissés vacants par un savoir malheureusement incomplet.

La confiance en son sens authentique

L’être libre est non seulement celui qui décide de ses manières d’être, mais aussi et surtout celui qui décide d’en décider ou non, celui qui peut décider de ne plus en décider, en s’en remettant à un ou plusieurs principes extérieurs de détermination (ses sollicitations physiques, l’opinion publique, la mode, l’habitude, etc.). Corrélativement, avec la liberté et avec elle seulement s’ouvre la possibilité de la dissimulation, du mensonge, du reniement et de la trahison.

Faire confiance signifie alors : admettre que l’autre peut mentir et tromper, et qu’il renonce volontairement à cette possibilité, et que ce renoncement dépend uniquement et absolument de lui.

La confiance n’a rien d’un palliatif, qu’un quelconque « savoir » pourrait remplacer avantageusement. Là où il s’agit de liberté le savoir est non seulement impossible mais encore et surtout indésirable : car comment nier et défigurer la liberté d’un être plus complètement qu’en désirant ramener cet être, par un « savoir », au rang d’objet mesurable et prévisible ? Il faut donc absolument se défaire de ce préjugé, d’après lequel le savoir est forcément préférable à la confiance, et d’après lequel ce serait donc un progrès que de ne plus avoir besoin de faire confiance. Lorsque c’est d’un être libre qu’il s’agit, c’est exactement le contraire qui est vrai : la confiance est en vérité le meilleur des rapports que l’on puisse établir avec une liberté.

Il peut sembler que, si faire confiance signifie s’en remettre à l’autre, il en résulte alors nécessairement une mise en dépendance, ou même une aliénation, de celui qui fait confiance, à l’égard de celui à qui il l’accorde. En effet, n’est-on pas alors le tributaire impuissant du bon vouloir d’un autre ? [...] En somme, s’en remettre à l’autre ne signifierait pas autre chose que se soumettre à lui ; et l’on ne pourrait honorer sa liberté à lui qu’en abdiquant quelque chose de la sienne propre.

Or une simple remarque permet de manifester le caractère problématique de cette manière de voir. C’est, en effet, que tout ce dont on a le plus profond besoin est justement ce qui ne peut être que donné, et donné librement, et donné librement par un autre : reconnaissance (à tous les sens du terme), respect, amour.


Ne s’adressant qu’à l’être libre, la confiance ne peut aussi être donnée que librement ; et si elle peut être parfois abusée, elle ne saurait jamais être extorquée. C’est pourquoi il faut avoir garde d’oublier ou de nier la différence, bien réelle et infiniment importante, qu’il y a entre ces deux attitudes : se soumettre à l’autre, c’est l’autoriser à prendre ; mais s’en remettre à l’autre, c’est l’inviter à donner. Sans doute veut-on souvent ne rien devoir qu’à soi-même, pensant déchoir chaque fois que l’on a à recevoir et, pire encore, à remercier . Mais que l’on veuille bien s’interroger sur la reconnaissance, le respect et l’amour (humain ou divin), que l’on voie si cette attitude ne les rend pas impossibles, et que l’on se demande si, en s’en privant, l’on affranchit son existence de la dépendance, ou si on ne lui ôte pas plutôt sa signification.

Gildas Richard


Qu'en pensez-vous? Où vous situez-vous dans un tel texte?

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